Adapt or die ?

PN IDLes plans sociaux en France se multiplient. Selon un article récent du Monde du 6 novembre 2013  » plus de 1000 plans sociaux en un an ont été lancés  officiellement selon des données (encore provisoires du Ministère du travail) . Les chiffres des faillites sont encore plus alarmants puisque 12 790 entreprises ont déposé leur bilan au 3ème trimestre soit 7,5% de plus qu’un an auparavant selon le cabinet Altares. Les redressements judiciaires et liquidations ont atteint leur niveau le plus élevé depuis 20 ans et de plus en plus de grosses PME sont touchées … »  A la clé entre 50 et 180 000 emplois pourraient encore disparaître …Arrêtons là le catastrophisme, et sans rentrer dans des considérations macro-économiques et politiques qui ne sont pas ici de mise, regardons pourquoi nos entreprises semblent aujourd’hui  dépassées ?

Brian Solis parle de Darwinisme digital dans son dernier ouvrage What’s the future of business pour  identifier le mal qui ronge une entreprise lorsque les technologies et la société évoluent bien plus rapidement que sa propre capacité à s’adapter. Lui aussi constate qu’en juste 10 ans (entre 2000 et 2010) plus de 40% des entreprises américaines qui étaient au top Fortune 500 ont juste disparu …Adieu Kodak, Blockbuster, Circuit city et autres Borders …

Les clients : voilà la réponse !

Eux évoluent et, probablement poussés par leurs enfants, s’adaptent tellement bien aux nouveaux environnements, en adoptent tellement vite les nouveaux usages … qu’ils sanctionnent tout aussi vite certaines de leurs « bonnes vieilles marques »  en allant chercher ailleurs ce qu’ils ne trouvent plus chez elles : la simplicité et le temps réel.

La technologie doit avant tout servir ces clients multi-connectés pour leur faciliter la vie.

Darty, dans sa dernière campagne de communication ne vient-il pas de lâcher son emblématique contrat de confiance pour une cure de rajeunissement axée sur  une stratégie cross-canal ? Restera encore  à vérifier que les promesses affichées soient bien tenues sur tous les canaux  et sur tous les produits …

L’exemple de La Redoute est, dans un autre registre, très parlant, surtout si on le compare à celui des Trois Suisses qui a adopté sans tarder une réorientation  judicieuse de sa stratégie autour du savoir-faire logistique reconnu des vépécistes.

Les véritables questions qui sont donc posées à nos entreprises en France comme ailleurs sont donc d’une désarmante simplicité : écoutez-vous vraiment et tout le temps vos clients ? Etes-vous certains de bien comprendre leurs attentes ? Créez-vous des expériences de marque réelles, ou juste factices pour faire comme les concurrents ? Travaillez-vous vraiment pour eux , ou pour l’interne ?

A ces questions,  et en premier lieu, les dirigeants de nos entreprises doivent savoir répondre, en mesurant les multiples enjeux (organisationnels, managériaux , financiers …) et en fixant un cap stratégique, avec une vision claire et courageuse.

Mais ils ne sont pas les seuls :

–          les employés doivent accepter de se former souvent, et de vite se remettre en question, car le monde d’aujourd’hui n’est plus celui d’hier…

–          les syndicats doivent aussi s’impliquer et troquer nombre de leurs certitudes,  pour accompagner cette évolution inéluctable

–          les cadres enfin doivent ne pas avoir peur, et encouragés par leurs dirigeants,  impulser d’autres manières de faire, sans se réfugier derrière des « mais on a toujours fait comme ça ! ». Lorsque l’on constate dans une étude toute récente d’IBM que 79% des Directeurs marketing (au sein de 19 industries différentes et sur 64 pays) disent « ne pas se sentir prêts à gérer l’impact grandissant des médias sociaux et de l’omnicanal ainsi que l’explosion des données » …Cela laisse tout de même très perplexe !                                    Alors, comme le dit B Solis, « Adapt or Die » ? 

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